Archives – 2015

Feiko Beckers
A conversation is a risk to lose your own opinion
(L’opinion à l’épreuve de la conversation)

30.05 - 03.10.2015

Entre théâtre et vidéo performance, L'opinion à l'épreuve de la conversation est une pièce inédite spécialement conçue par Feiko Beckers pour son exposition au CAP. Comme dans ses œuvres précédentes, une situation quotidienne s'avère exemplaire d'un questionnement plus existentiel (c'est bien Albert Camus que l'artiste convoque ici). Les trois dialogues qui la constituent, s'attardent sur un malentendu trivial qui, au cours de la discussion entre les deux parties, va irrépressiblement creuser l'écart entre deux conceptions et relations au monde ou aux autres. Chaque dialogue, libre réactivation d'une situation réelle, est interprété par l'artiste et un acteur/interlocuteur dont les costumes sculptures, inspirés de ceux que Malevitch conçut pour son opéra Victoire sur le soleil (1912), accentuent l'artificialité de la représentation.

« Dans son livre The Consolations of Philosophy, Alain de Botton dévoile comment les grandes questions philosophiques peuvent transcender la vie quotidienne. A partir de problèmes pratiques, comme le manque d’argent, il sème dans l'esprit du lecteur les graines d'une réflexion philosophique simple mais fondamentale. Le pouvoir subtil du questionnement est un élément clé du travail de Feiko Beckers. L’artiste se concentre sur la nature problématique des relations humaines quotidiennes. Nous avons tous déjà été confrontés à ces rituels quotidiens révélateurs du côté inconfortable des interactions sociales, ces situations embarrassantes ou gênantes connues de tous ; par exemple, comment débuter une conversation (A certain time and a certain place, 2011). Les relations personnelles de l’artiste deviennent exemplaires des problèmes de tous les jours et des dilemmes que les humains semblent éprouver les uns envers les autres. Par conséquent, il se focalise sur ces schémas comportementaux, en déploie la dynamique et souligne la charge émotionnelle sous-jacente de l'anxiété, du sentiment d’échec et de la tristesse. Il remonte jusqu'à la source-même de ces sentiments tout en continuant à se demander comment les éviter à l’avenir. » Alexandra Landré

Dossier de presse
Press release

Feiko Beckers
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Jonas Delaborde
PL Sayhuite Convention, 1977
en collaboration avec Andrés Ramirez

10.04 - 16.05.2015

Dans son projet pour LE CAP, Jonas Delaborde prend entre autre comme point de départ le mystère qui entoure la Pierre de Sayhuite (monolithe d’origine inconnue exhumée au Pérou), pour proposer un inventaire de formes dans lequel architecture moderniste et références aux mythes primitifs se côtoient dans un décor emprunté à l’univers des War Games. Pendant un mois, ce projet in process redynamisera la forme de l’exposition par une activité continue de production de formes et de jeux.

Les objets visibles dans PL Sayhuite Convention, 1977 ont été conçus et réalisés en collaboration avec Andres Ramirez. Ils accueillent des décors et des maquettes prêtés généreusement par l’association Respecte Ton Six, le magasin Trollune à Lyon et Pierre-Louis Jaeger.

« Les 21 préceptes de l’Eglise de Sayhuite, gravés sous la forme de rébus architecturaux sur la surface d’un monolithe inca, n’ont jamais été déchiffrés. Il n’est d’ailleurs pas établi qu’il y en ait 21. Certains experts parlent de 7 préceptes, d’autres affirment que le terme de préceptes n’est pas approprié pour une Eglise aussi particulière que celle de Sayhuite. Enfin, quelques uns, pas toujours pris au sérieux, vont même jusqu’à considérer que l’Eglise telle qu’on croit la connaître aujourd’hui n’est qu’une construction fictive, résultat d’une succession d’erreurs de traductions.

PL Sayhuite Convention, 1977 est une série d’images et d’objets, issue de la relecture d’autres images et d’autres objets. Certains, parmi ces derniers, n’ont pas d’existence établie. C’est à dire qu’ils n’ont pas d’article sur wikipédia. Mais il y a bien une tour de 180 mètres, à Tondobayashi, en banlieue d’Osaka, construite dans les années 1970. On a d’ailleurs utilisé, pour son édification, une technique nouvelle de canon à béton : le spraycrete. Il y a aussi un monolithe sculpté de 200 symboles différents au Pérou, dont on ne comprend pas la destination, ou la fonction. Des canaux et des réservoirs peuvent y recueillir l’eau de pluie et des éléments architecturaux sont mêlés à de nombreuses figures animales.

Ce sont deux exemples parmi d’autres : la tour et le monolithe. Ces deux objets-là existent.

Le 8e précepte de l’Eglise de la Liberté Parfaite existe aussi. Il s’agit de Live as the sun, qu’on peut traduire par Vis comme le soleil. Il pourrait pourtant figurer parmi les préceptes d’une église imaginaire, fondée par exemple dans un univers de fiction qui servirait de toile de fond à des jeux de stratégie complexes. » Jonas Delaborde, février 2015.

Dossier de presse

Jonas Delaborde
David Wolle
Le Pan, la Pente

31.01 - 28.03.2015

La peinture de David Wolle relève du registre de la représentation sans jamais se référer directement au réel. Deux procédés permettent à l'artiste de personnifier ses motifs imaginaires, de leur conférer la même présence qu'un objet, une figure, un portrait. D'une part, Wolle les inscrit et les détache sur un fond panoramique comme autant de décalcomanies : le motif flotte, à la dérive, dans des atmosphères ou paysages incertains. D'autre part, il les élabore en amont du tableau, autrefois grâce à de petites maquettes fabriquées en pâte à modeler, à présent sur l’ordinateur par des jeux d’incrustation et d’altération d’images. Dans le travail du pinceau sur la toile, quelque chose perdure de ces pratiques ludiques : la tangibilité du modelage, les prélèvements et découpes du collage numérique.

De ses motifs inventés, Wolle transpose sur la toile leur statut, leurs surfaces et leurs matières ambigus : entre architecture et organismes vivants, pièce pâtissière et vaisselle rococo, ses formes étranges et mouvantes semblent constituées de la pâte même de la peinture. La fluidité de cette dernière, sa ductilité et ses couleurs acidulées mais instables, incarnent le sujet jusqu'à le conduire au seuil d'une difformité déliquescente et monstrueuse. Car si la virtuosité de la technique de la peinture à l'huile se met au service d'une affirmation de l'acte pictural comme représentation, c'est pour mieux explorer les confins de la vraisemblance et porter le sujet à la limite de sa propre disparition. Les tableaux de Wolle dépeignent ce qui n'existe pas encore : c’est le processus même de l’invention du vivant que la mimesis met en œuvre sur la toile.

L’exposition au CAP - Centre d'arts plastiques de Saint-Fons proposera non seulement un nouveau dialogue entre des travaux de ces cinq dernières années, mais également la découverte de dessins et d’éditions inédites, ainsi que les toutes premières sculptures de l’artiste.

Dossier de presse

David Wolle

 

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