Archives – 2016

PANORAMAS

19.11.2016 - 14.01.2017

Ján Budaj, Olivier Dollinger, Domènec, Chantal Dugave & Itziar González Virós, Naji Kamouche, Richard McGuire, Olivier Neden & Antoine Sylvain, Raphaël Zarka.

Dossier de presse

L’exposition PANORAMAS propose une lecture du lieu : de l’espace comme objet d’étude, du contexte et de son caractère discontinu, du site et des paysages qui l’ont dessiné, depuis la construction du bâtiment – initialement lycée d’enseignement professionnel Léon-Blum inauguré en 1985 – jusqu’à aujourd’hui, en passant par sa réhabilitation en centre d’art contemporain, en 2010. Ces espaces répondent aux œuvres de l’exposition, et inversement.

En 2016, LE CAP – Centre d’arts plastiques de Saint-Fons fête ses trente ans. Cela constitue l’occasion de présenter une exposition qui interroge l’identité du centre d’art, son implantation géographique et topographique, son implication sur le territoire et son action dans l’espace public.

L’environnement architectural est au cœur des œuvres de  l’exposition. Chaque artiste le souligne et en révèle les trajectoires à travers les usages underground des sculptures urbaines (Raphaël Zarka), les migrations économiques (Domènec), les schémas des dynamiques de la ville (Chantal Dugave & Itziar González Virós), l’historicité du lieu où l’on se trouve (Richard McGuire), l’espace urbain comme cadre du dialogue (Ján Budaj), l’abstraction de l’environnement industriel (Olivier Neden & Antoine Sylvain), la spatialisation des sentiments (Naji Kamouche) ou encore l’exposition même comme environnement coercitif (Olivier Dollinger).

PANORAMAS renvoie également à une projection du centre d’art vers l’avenir. Certains artistes de l’exposition préfigurent sa programmation 2017. L’ensemble des œuvres affirme un goût pour la préhension du lieu et des cadres de lecture exogènes à l’exposition qui en font un espace commun de discussion. L’exposition elle-même recherche un équilibre entre œuvres, environnement et mise en espace dans lequel aucun élément ne manifeste de volonté de s’imposer aux autres.

Enfin, LE CAP – Centre d’arts plastiques de Saint-Fons poursuivra comme projet global en 2017 plusieurs lignes de recherche entrevues dans l’exposition PANORAMAS : art & espace public, « art en commun, art du commun », alliées à une réflexion sur les pratiques curatoriales.
RADIO-LUMIÈRES
Fabien Pinaroli & les Radiolumineux

02.12.2017
Place des Palabres, Saint-Fons

Dossier de presse

Dans le cadre du projet « Radio-Lumières » l'artiste Fabien Pinaroli a coordonné une œuvre collective et lumineuse sur la place des Palabres, à deux pas du CAP - Centre d'arts plastiques de Saint-Fons. Le projet « Radio-Lumières » s’insère dans la démarche singulière, propre au travail de Fabien Pinaroli, d’une coopération avec un groupe d’habitants qui « œuvrent ensemble ». Il est issu d'une réflexion critique sur la démarche participative et sur les éclairages urbains.

Projet Lyon Métropole Habitat. En partenariat avec les centres sociaux Arc-en-ciel, Objectifs Jeunes, FEEL, l’association L'effet Clochette. Avec le soutien du Théâtre Jean Marais et de l’Ecole de Musique Guy Laurent. Avec le soutien technique de PHILIPS LIGHTING France. Projet initié par le MAC - Musée d'art contemporain de Lyon.
L’œuvre ouverte
30 ans d'artothèque

17.09 - 29.10.2016

Dossier de presse

L’exposition L’œuvre ouverte aborde les principes, les usages et les fonctionnements de l’artothèque du CAP – Centre d’arts plastiques de Saint-Fons. Plus qu’un éclairage des œuvres elles-mêmes, c’est celui des choix d’acquisitions sur trente ans d’existence, du fonctionnement d’un service public et des principes d’accessibilité et de pédagogie qui charpentent le fonds qui sera privilégié. L’œuvre ouverte, titre emprunté au texte éponyme de l’écrivain italien Umberto Eco (1932-2016), est une œuvre qui se laisse apprivoiser et dont le sens se révèle avec l’usage. L’œuvre ouverte c’est en fin de compte le maître-mot et l’ambition de tout un projet : celui d’une artothèque.

« L’œuvre d’art est un message fondamentalement ambigu, une pluralité de signifiés qui coexistent en un seul signifiant », écrivait Umberto Eco (1) qui voyait en l’œuvre ouverte – généreuse – « le projet d’un message doté d’un large éventail de possibilités interprétatives », œuvre que l’interprète (de l’exécutant au regardeur) « accomplit au moment même où il en assume la médiation » (2). L’artothèque comme projet esthétique, projet interprétatif de ce qu’est l’art aujourd’hui, revendique ce statut d’œuvre ouverte : un projet qui n’a de sens que s’il est interprété, manipulé, partagé par tous.

Une artothèque – bibliothèque d’œuvres d’art contemporain à disposition des usagers – est un projet ouvert qui accompagne les emprunteurs vers une meilleure compréhension de l’art actuel. Mais ce projet doit conjointement « naître d’une prise de conscience du public » (3), c’est-à-dire, dans le cas présent, d’une prise de conscience de la part des usagers, notamment par un travail de médiation et par la mise en place d’outils pédagogiques, des enjeux (esthétiques, pédagogiques, citoyens...) qui traversent une collection publique, patrimoine artistique contemporain accessible et empruntable par tous.

Une artothèque nous invite à comprendre l’art et les œuvres comme un objet commun : un langage commun qui, dans le cadre ouvert de sa collection, cesse de mettre en avant une valeur d’échange pour insister sur les notions d’œuvre commune (4), d’œuvre du commun ou encore de gymnastique esthétique du quotidien. Une artothèque, enfin, permet de s’entourer de façon décomplexée de ces objets singuliers dont la fonction est de nous offrir « des compléments du monde » (5).

1. Umberto Eco, L’œuvre ouverte, Paris : Seuil, 1965, p. 9.
2. Ibidem, p. 17.
3. Ibidem, p. 25.
4. Jean-Paul Fourmentraux, L’œuvre commune - Affaire d’art et de citoyen, Dijon : les presses du réel, 2012.
5. Umberto Eco, L’œuvre ouverte, Paris : Seuil, 1965, p. 29.
Adeline Lepine, Clara Gensburger
Le Papydrome

21.05 - 16.07.2016

LE CAP - Centre d'arts plastiques de Saint-Fons présente Le Papydrome, une exposition inspirée par l'œuvre de Robert Filliou, conçue et réalisée par Clara Gensburger et Adeline Lépine du collectif La machine à performer. L'exposition, foutraque et irrévérencieuse, restitue un enchevêtrement de dialogues que les artistes ont entretenus avec l'œuvre de Filliou, l'histoire de la performance et, de manière plus troublante, avec des enfants français et brésiliens. L'enfance et les enfants sont au cœur de ce chassé-croisé de questions/réponses. Des réponses fulgurantes qui révèlent à quel point nous sommes naïfs, à quel point l'enfance que nous pensions oubliée nous submerge, à quel point le corps, à tout âge, à besoin de se confronter pour apprendre. Et d'ailleurs, sans bouger qu'apprend-on réellement ?

L'exposition restitue un travail de réflexion et d'accompagnement de l'histoire de la performance mené par La machine à performer depuis 2014, et poursuivi en 2015 avec la mise en application du projet de Sculpture gouvernementale de Robert Filliou sous la forme du jeu de Papy Robert qui rend - pour reprendre la formule de Filliou - "hommage aux mages que sont les enfants".

Le Papydrome est une exposition ludothèque qui, à son tour, rend hommage au Père des enfants de l'art que nous sommes, et tire son nom du centre de création permanente que Robert Filliou a conçu en 1963 avec l'architecte Joachim Pfeufer, le Poïpoïdrome.

Au bout du compte (conte), il s'agira de "tuer les pères", de muer et - dans un espace qui restitue tout à tout le monde - de restituer à monsieur-tout-le-monde sa capacité d'émancipation et de création permanente de l'univers. Les enfants, naturellement, n'y trouveront rien à démentir ; les autres, inconfortablement, auront à accepter "la joie, l’humour, le dépaysement, la bonne volonté et la participation"(1).

(1) Robert Filliou, Enseigner et Apprendre, Arts Vivants, trad. française de Teaching and learning as performing arts, K.König, 1970 ; Ed. Lebeer-Hossmann, 2000. p. 220.

Programme
Paul-Armand Gette
Évolution, avec un R c'est encore mieux

05.03 - 30.04.2016

Sur une proposition de Lydie Rekow-Fond
En partenariat avec la Galerie Domi Nostrae (Lyon) et l'URDLA (Villeurbanne)

Lorsque Paul-Armand Gette s'engage dans une activité artistique déterminée, il combine aux méthodologies scientifiques d'observation et d'analyse du monde, la poésie. Dès lors, le scientifique se marie à l'artistique, les œuvres offrent autant à penser et à rêver qu'à perturber les acquis.

Dans chacune des deux expositions lyonnaises, se développe un motif, récurrent depuis les débuts : la nature (CAP, Saint-Fons) et le corps (Galerie Domi Nostrae, Lyon). Ils permettent de mettre au jour des préoccupations pérennes, de découvrir des voisinages et des correspondances à travers lesquels l’œuvre entier s'est construit et continue son exploration passionnée des lisières, de toutes natures ! D'une exposition à l'autre – des bords du Rhône à Saint-Fons au Cours de la Liberté à Lyon chez Domi Nostrae, galerie située à quelques pas de la maison d'enfance de l'artiste – se dessine un parcours à travers les années, où une diversité de formes artistiques tendent un propos, aux diverses lectures et interprétations.

L'exposition au Centre des Arts Plastiques de Saint-Fons est l'occasion d'envisager l'œuvre dans la perspective historique qu'elle autorise. Son titre – Évolution, avec un R c'est encore mieux – affirme une certaine dimension rétrospective à laquelle la présence des nombreux documents et œuvres anciennes participe. Toutefois, comme le mouvement d'un corps autour d'un point central, d'un axe, le ramenant au même point, la Révolution soufflée à demi mots dans le titre, suggère un retour au point de départ, à un point d'origine. L'exposition déclinerait-elle les sens de l'indication énigmatique « 0 m. » (zéro mètre) à laquelle le visiteur est confronté dès l'entrée ?

À partir d'elle, l'exposition déplie une multiplicité de points de vue sur l’œuvre de Paul-Armand Gette. Les travaux sur les bords du fleuve Rhône, ceux sur la cristallographie, comme ceux autour des insectes, conduisent le spectateur dans les méandres d'un œuvre poétique à plusieurs voix. L'enracinement scientifique sert davantage à étouffer les conventions qu'à asseoir des certitudes : jeux d'aberrations perspectives et perceptives à travers la transparence de la forme plate d'un cristal ; quête de sens déjouée par les visions multicolor du glissement des plans d'un cristal ou par les acrobaties des pompiers et artistes qui s'amusent aux insectes ; entrecroisement des voix des poètes (B.Heidsieck, B.Gysin et W.S.Burroughs)... La vision finale d'une gigantesque figue baveuse permet de saisir la profondeur de l'univers carrollien dans lequel le spectateur est pris. Une multiplication de plans est ainsi organisée, comme si le théâtre n’avait plus pour fonction que de décomposer la réalité en une irréalité fragmentaire qui se réorganise au gré de l’illusion théâtrale (1). Comme il accueille le spectateur et le salue à son départ, l'indication 0 m. agit comme un rideau de scène ; il marque un point à partir duquel entrer dans l'espace de l'art. Déclencheur d’imaginaire, incitateur au trouble, appel au renversement ou à une systématique remise en question, il indique l'entrée dans un univers spécifique et indéfini à la fois, toujours ouvert aux possibilités d’interprétations, de lectures et de réactions. Même s’il est l’éclaireur de la lisière, le point de départ, comme le point de retour, 0 m. intensifie le sens de la Révolution suggérée par le titre et à laquelle le visiteur est invité à participer. Lydie Rekow-Fond, décembre 2015.
(1) A propos de l’œuvre du Marquis de Sade : Annie Le Brun, Soudain un bloc d’abîme, Sade, Paris, Gallimard, 1993, p. 143.

Remerciements à Elisa Peyrou, à Marine Cocumelli, au CNAP et au Centre des Livres d'Artistes de Saint-Yrieix-la-Perche.

Dossier de presse
Lida Abdul

24.10.2015 - 30.01.2016

Si Lida Abdul vit à présent à Los Angeles, toutes ses œuvres - performances, photographies et surtout films - sont réalisées dans son pays d'origine, l'Afghanistan, où elle retourne régulièrement depuis 2001. De ce "pays fantôme", de cette terre en guerre depuis plus de trente ans, Lida Abdul montre inlassablement les paysages et les habitants. Loin de toute esthétique commémorative ou documentaire, ses films optent pour de courts récits sous forme de parabole tandis que les figures de ses photographies s'élèvent au rang d'allégories. Ces œuvres tentent moins d'évoquer la guerre que de surprendre la vie qui s'obstine à reprendre son cours parmi les stigmates des conflits successifs.  

Les paysages sont en effet parsemés d'épaves (matériel militaire) et de ruines, omniprésentes au point de se confondre avec la roche de ce pays aride. Jean-Yves Jouannais a bien souligné la relation intime que paysage et géographie entretiennent avec la guerre, combien ils peuvent mutuellement s'incarner, chacun absorbant l'autre. Certes, la ruine dit la dévastation et la désolation mais, dans le vestige même, quelque chose perdure aussi, résiste à l'événement destructeur. Une même résistance obstinée transparaît dans les actions répétitives effectuées par les protagonistes (hommes, enfants, moins souvent une femme). Soumis au procédé filmique du ralenti, le rituel des corps conjugue inanité et spiritualité. L'œuvre de Lida Abdul interroge ce qu'un artiste peut encore opposer à la violence, à la guerre. Des paysages, des gestes, des sons rares et assourdis, un ralentissement du temps pour mieux s'en ressaisir… (Anne Giffon-Selle).

Remerciements à la Galerie Giorgio Persano (Turin).logo_persano
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Dossier de presse
Press release

Lida Abdul

 

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