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L’œuvre ouverte : 30 ans d’artothèque

Du 17 septembre au 29 octobre 2016

Vernissage le samedi 17 septembre à 14h


L’œuvre ouverte
30 ans d’artothèque

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L’exposition L’œuvre ouverte aborde les principes, les usages et les fonctionnements de l’artothèque du CAP – Centre d’arts plastiques de Saint-Fons. Plus qu’un éclairage des œuvres elles-mêmes, c’est celui des choix d’acquisitions sur trente ans d’existence, du fonctionnement d’un service public et des principes d’accessibilité et de pédagogie qui charpentent le fonds qui sera privilégié. L’œuvre ouverte, titre emprunté au texte éponyme de l’écrivain italien Umberto Eco (1932-2016), est une œuvre qui se laisse apprivoiser et dont le sens se révèle avec l’usage. L’œuvre ouverte c’est en fin de compte le maître-mot et l’ambition de tout un projet : celui d’une artothèque.

« L’œuvre d’art est un message fondamentalement ambigu, une pluralité de signifiés qui coexistent en un seul signifiant », écrivait Umberto Eco (1) qui voyait en l’œuvre ouverte – généreuse – « le projet d’un message doté d’un large éventail de possibilités interprétatives », œuvre que l’interprète (de l’exécutant au regardeur) « accomplit au moment même où il en assume la médiation » (2). L’artothèque comme projet esthétique, projet interprétatif de ce qu’est l’art aujourd’hui, revendique ce statut d’œuvre ouverte : un projet qui n’a de sens que s’il est interprété, manipulé, partagé par tous.

Une artothèque – bibliothèque d’œuvres d’art contemporain à disposition des usagers – est un projet ouvert qui accompagne les emprunteurs vers une meilleure compréhension de l’art actuel. Mais ce projet doit conjointement « naître d’une prise de conscience du public » (3), c’est-à-dire, dans le cas présent, d’une prise de conscience de la part des usagers, notamment par un travail de médiation et par la mise en place d’outils pédagogiques, des enjeux (esthétiques, pédagogiques, citoyens…) qui traversent une collection publique, patrimoine artistique contemporain accessible et empruntable par tous.

Une artothèque nous invite à comprendre l’art et les œuvres comme un objet commun : un langage commun qui, dans le cadre ouvert de sa collection, cesse de mettre en avant une valeur d’échange pour insister sur les notions d’œuvre commune (4), d’œuvre du commun ou encore de gymnastique esthétique du quotidien. Une artothèque, enfin, permet de s’entourer de façon décomplexée de ces objets singuliers dont la fonction est de nous offrir « des compléments du monde » (5).

1. Umberto Eco, L’œuvre ouverte, Paris : Seuil, 1965, p. 9.
2. Ibidem, p. 17.
3. Ibidem, p. 25.
4. Jean-Paul Fourmentraux, L’œuvre commune – Affaire d’art et de citoyen, Dijon : les presses du réel, 2012.
5. Umberto Eco, L’œuvre ouverte, Paris : Seuil, 1965, p. 29.

Œuvre ci-dessus :
Olivier Mosset, Sans titre (grand tatouage), 2005, photographie couleur, 70 x 40 cm, édition signée 10/30. Collection de l’artothèque, LE CAP – Centre d’arts plastiques de Saint-Fons.