Exposition

I wish I had a dark sea

Brittany Nelson

02.04 — 22.05.22
L’artiste s’approprie des techniques anciennes de la photographie pour aborder les genres de la science-fiction féministe et de l’abstraction queer.
En s’intéressant à la notion d’anomalie dans le processus photographique, l’artiste interroge la question de représentation, de l’idéal photographique et de représentation du réel.
Dans ses œuvres, Nelson s’appuie sur des images tirées des archives de la NASA aussi bien que sur l’histoire d’écrivaines comme Alice B Sheldon — qui a écrit sous pseudonyme masculin.
L’artiste nous offre un paysage où coexistent utopies, voyages spatio-temporels, science-fiction et théories féministes.
L’exposition présente des œuvres existantes ainsi que de nouvelles productions de l’artiste américaine qui a passé quelques semaines en résidence à Saint-Fons courant mars.

Pour sa première exposition monographique en France, l’artiste américaine Brittany Nelson présente au CAP Saint-Fons des oeuvres issues des séries Starbear et Tiptree’s Dead Birds, des nouvelles productions ainsi qu’une vidéo inédite montrée pour la première fois au centre d’art. 

 

I wish I had a dark sea ouvre la voie à la rétrospective qui lui sera consacrée à la Fotogaleriet d’Oslo (Norvège) à l’automne 2022.

 

L’exposition est construite autour de la figure d’Alice B. Sheldon, connue sous le pseudonyme masculin de James Tiptree – auteur prolifique de romans de science-fiction dans les années ’70 – à l’homosexualité dissimulée. Désir, identité de genre et une grande solitude cachée derrière un alter ego, sont au coeur de la correspondance épistolaire entretenue avec une autre écrivaine à succès – Ursula LeGuin – pour laquelle Sheldon développe des sentiments aussi profonds qu’inexprimés.

 

Depuis plusieurs années Nelson s’intéresse à ce riche corpus et mène une recherche dans les vastes archives de la collection de science-fiction féministe à l’Université de l’Oregon. En résultent les tirages gélatino-argentiques de la série Starbear, présentés au CAP dans des tirages grand format où l’artiste efface le texte et ne laisse apparaître que les mots d’affection destinés à LeGuin, comme autant d’apparitions furtives sur la surface photographique.

Dans I wish I had a dark sea, qui donne son titre à l’exposition, l’artiste invertit le négatif de l’image traitant le texte comme un paysage où les mots flottent sur une vaste surface noire, a dark sea, un désert habité par la solitude de Sheldon. 

 

Les pages du carnet de l’écrivaine émergent des zones d’ombre ou de lumière dans la série Tiptree’s Dead Birds où la reproduction holographique – procédé ancien où réfraction et diffraction créent des illusions d’optique – donne une nouvelle épaisseur au texte et une profondeur à la fois formelle et symbolique. Lettres du passé qui parlent du futur, les hologrammes nous rapprochent encore de l’univers intime de Sheldon qui appelle « dead birds » les femmes qu’elle a aimées (mais qui l’ont rejetée), en consolidant le sentiment d’un désir inassouvi.

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Brittany Nelson

Née en 1984 à Great Falls, Montana (USA).
Vit et travaille à Trondheim (Norvège).

 

Site web : brittanynelson.com

Instagram : @thebrittanynelson

Brittany Nelson explore les techniques chimiques de la photographie et la science-fiction du XIXe siècle et aborde les thèmatiques de la solitude, de l’isolement et de la distance au sein de la communauté queer faisant des parallèles avec l’exploration spatiale. 

 

Son travail a été exposé à Bonniers Konsthall (Stockholm, Suède), Die Ecke (Santiago, Chili), Sonnenstube (Lugano, Suisse), The Museum of Contemporary Art Detroit (Detroit, MI), The Brooklyn Academy of Music (New York, NY), The Cranbrook Art Museum (Bloomfield Hills, MI), The Newcomb Art Museum (Nouvelle-Orléans, LA), The International Print Center (New York, NY), entre autres.

2022 accueillera plusieurs expositions personnelles de l’artiste notamment à la Fotogalleriet à Oslo, Norvège. Sa monographie « Out Of The Everywhere » est sortie en 2019 par Mousse Publishing (Milan, Italie), et son livre « Monuments to the Conquerors of Space » sorti en 2017 et publié par Small Editions (New York, NY). Son travail a été présenté dans des publications telles que Art in America, Frieze et The New Yorker.

Autour de l’exposition