Exposition

Delicatolitho

Gabrielle Manglou

06.03 — 24.04.21
L’œuvre de Gabrielle Manglou est poétique et multiforme. Dessins, photographies, volumes et images d’archives s’amusent à déplacer certaines frontières par un jeu à la fois discordant et harmonieux. Son travail interroge la sphère des rapports humains, où s’affrontent pouvoir, culture et autorité, mais aussi la post-colonisation et l’exotisme. Il se nourrit d’une pensée en rhizome, curieuse du mélange incessant de la petite et de la grande histoire.

À l’origine du projet de Gabrielle Manglou il y a sa réflexion sur la ville de Saint-Fons ; ville « minérale » bâtie sur un banc d’arénaire millénaire d’un grand intérêt géologique. 

 

Le grain de sable, le caillou, la pierre, ce sont autant d’éléments que l’artiste retrouve à proximité de son atelier breton. Ce sont des éléments tellement intégrés dans le paysage, que nous avons oublié comment les regarder, fait remarquer Gabrielle Manglou. Le caillou est un motif, un mot, une note. Le fragment d’un ensemble ; une pierre, une île ou une montagne. Capsules temporelles, mémoire du temps de la nature et du temps de l’homme, entre existence et résistance. Ce sont des fossiles du temps, des photographies de la mémoire mais aussi des fragments d’un ensemble plus vaste.

 

La rencontre de deux pierres produit un son, l’unité de base de la pièce sonore à la base de l’exposition. Le projet de l’artiste est un rappel de ces gestes simples mais universels, comme celui de ramasser des cailloux, un appel à l’émerveillement qui nous renvoie à notre infimité face à l’infini du cosmos.

 

Dans le cadre de cette exposition monographique, l’artiste présente un répertoire d’objets « hybrides » comme elle aime les définir. L’objet est central tant dans sa pratique, que dans le déploiement de sa pensée où se croisent dans un rapport syncrétique cultures, rites ou formes empruntées à la nature.

Geste, pensée et objet; tout est imbriqué dans le travail Gabrielle Manglou qui explore en rhizome (par association ou dissociation) le geste et son intelligence propre.

 

Dans l’exposition au CAP Saint-Fons on retrouve également des formes qui habitent son univers artistique ; le pli, la ligne, la trame, comme dans un maillage. Il y a des formes qui mettent en mouvement la pensée, nous rappelle l’artiste, car elles cachent des dimensions philosophiques, existentielles ou métaphoriques. « Et les individus, comme les objets, ne sont pas de choses fermées mais un entrecroisement de lignes, à la manière d’un tissu. »

 

Entre assemblage, accumulation et transformation de la matière, Gabrielle Manglou déploie une taxonomie d’objets, de dessins et de sculptures/coutures qui correspondent à autant de gestes condensés dans son répertoire formel : plier — déplier, creuser-remplir, couvrir-révéler. 

 

L’artiste nous invite à prendre part à une sorte d’archéologie inversée à l’instar des chercheurs qui considèrent que les pierres ne sont que la partie émergée d’un monde cachée qu’il faut montrer, faire apparaitre, révéler.

Gabrielle Manglou

Née en 1971 à La Réunion. Vit et travaille à Port-Louis (France).

 

Site internet : gabriellemanglou.tumblr.com 

Instagram : @gabriellemanglou

Gabrielle Manglou est diplômée des Écoles supérieures des Beaux-Arts de Montpellier et de Marseille. Depuis 2008, elle expose régulièrement à La Réunion et à l’international. Elle a également enseigné à l’ESA Réunion, participé à des projets d’éditions et collaboré dans le domaine du spectacle vivant.

 

L’oeuvre de Gabrielle Manglou est poétique et multiforme. Dessins, photographies, volumes et images d’archives s’amusent à déplacer certaines frontières par un jeu à la fois discordant et harmonieux.

Son travail interroge la sphère des rapports humains, où s’affrontent pouvoir, culture et autorité, mais aussi la post-colonisation et l’exotisme. Il se nourrit d’une pensée en rhizome, curieuse du mélange incessant de la petite et de la grande histoire.